Un atlas sous régional sur l'éducation

 

Le développement d'un atlas sous régional sur l'éducation s’inscrit dans le cadre des activités du Work package « Education » du projet DEMOSTAF.
Alors que les données censitaires demeurent largement sous-exploitées, cet atlas contribue à valoriser les données issues des recensements des trois pays sahéliens que sont le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal, dont la proximité géographique facilite la représentation cartographique d’un certain nombre d’indicateurs en matière d’éducation.
En supplément de cet atlas interactif, la réalisation d'une publication électronique (au format pdf) est prévue d'ici la fin du projet. Ce document sera composé d'une sélection de cartes et de commentaires détaillés.

La réalisation de cet atlas interactif est le fruit de deux ateliers de travail : le premier en août 2017 à l’Université Laval de Québec, au sein de l’ODSEF ; le second en avril 2018 à l’INED. La tenue des deux ateliers a été possible grâce au financement conjoint de DEMOSTAF, de l’INED et de l’ODSEF.

Sources des données

Toutes les valeurs diffusées proviennent de compilations spéciales effectuées par l'équipe de réalisation, en collaboration avec les instituts nationaux de statistique, à partir de microdonnées de recensement. Les données censitaires complètes considérées sont celles des recensements généraux de la population et de l’habitat (RGPH) : Burkina Faso en 2006 ; Mali en 2009 ; Sénégal en 2013. Ces données censitaires étaient les plus récentes disponibles lors du traitement des informations aux fins de la réalisation de cet atlas.

Méthodologie

Les trois RGPH ayant eu lieu à des dates différentes -2006, 2009 et 2013-, compte tenu de l’évolution rapide de la scolarisation depuis les années 2000, il n’était pas possible de comparer sur un fonds de carte commun aux trois pays des indicateurs du moment. Ont donc été préféré des indicateurs calculés par génération. Plusieurs groupes de générations ont été retenus, mais dont le nombre et l’amplitude de la plus récente varient selon l’indicateur, afin de s’assurer pour le RGPH le plus ancien, soit celui du Burkina Faso de 2006, que la population ait bien été exposée aux phénomènes appréhendés. Les groupes de générations ainsi considérés sont les suivants :

  • 1950-59, 1960-69, 1970-79, 1980-89 et 1990-95 pour l’accès au primaire et les indicateurs relatifs à l’analphabétisme
  • 1950-59, 1960-69, 1970-79, 1980-89 pour l’accès au secondaire
  • 1950-59, 1960-69, 1970-79 pour l’accès au supérieur.

Ces divers groupes de générations renvoient à des contextes historiques différents : situation éducative à la veille des indépendances, puis au lendemain de celles-ci, durant les périodes difficiles des politiques d‘ajustement structurel, et enfin du début de la mise en place des politiques relatives à l’éducation pour tous (EPT) suite à la Conférence mondiale sur l’éducation tenue à Jomtien en 1990.

Le fait d’une mortalité évidemment plus élevée aux âges les plus avancés et pour les plus anciennes générations implique que les valeurs des indicateurs d’éducation relatives à celles-ci ne concernent que les survivants. Cela appelle deux remarques :

  • ce fait peut induire un biais dans la comparaison entre générations. Dans la mesure où l’on peut faire l’hypothèse que les plus instruits ont généralement une plus faible mortalité, les valeurs des indicateurs relatifs aux plus anciennes générations surestiment très probablement les valeurs qui auraient été calculées à partir de données transversales pour les périodes correspondantes. Par ailleurs, l’effet de ce biais s’amenuise au fil des générations.
  • Les profils de mortalité étant assez similaires entre les trois pays sahéliens, ce biais n’affecte pas la comparaison entre pays.

Entités territoriales et cartographie

Les unités territoriales retenues afin de diffuser les données statistiques sont les suivantes :
les 45 provinces du Burkina Faso au RGPH 2006, les 50 cercles du Mali au RGPH 2009 et les 45 départements du Sénégal au RGPH 2013. Ainsi, les représentations cartographiques portent sur 140 unités d'analyse. Celles-ci correspondent au second niveau d'agrégation géographique des données de recensement de ces trois pays.

Les polygones constituent des versions modifiées des entités territoriales disponibles sur le site Web Global Administrative Areas (GADM). Ces entités territoriales ont été légèrement modifiées de manière à diffuser les informations censitaires le plus fidèlement possible tout en favorisant l'utilisation de fichiers dont la topologie est adjacente, principalement aux frontières communes entre les pays. Ainsi, il peut subsister de légères différences entre les représentations fournies et les fichiers géographiques de recensement des trois pays concernés. Ici, l'intention est de représenter des indicateurs statistiques et non pas de tracer des limites territoriales officielles. Les fichiers géographiques sont hébergés et configurés de manière à être exploités via le système Mapbox.

L'atlas sous régional sur l'éducation du projet DEMOSTAF offre deux types de représentations cartographiques de chacun des indicateurs retenus : 1) des cartes choroplèthes, illustrant des pourcentages ou des valeurs standardisées en palettes de couleurs, réalisées à partir des limites territoriales de forme polygonale 2) des cartes thématiques présentant les mêmes pourcentages ou valeurs standardisées (avec les mêmes couleurs) à l'intérieur de symboles circulaires dont la taille varie en fonction de l'effectif générationnel, soit le dénominateur ayant servi au calcul des pourcentages ou des valeurs standardisées. La seconde collection de cartes amenuise l’effet visuel lié à la superficie des entités territoriales, certains grands espaces comptant parfois de faibles effectifs alors que des zones à forte population sont souvent représentées dans de petits polygones, comme c’est souvent le cas des capitales. La discrétisation des données, c'est-à-dire le regroupement des valeurs dans les catégories de la légende, a été effectuée en tenant compte des distributions statistiques. Pour chacun des indicateurs, plusieurs méthodes de discrétisation ont été comparées, entre autres, à l'aide de l'indice GVF (Goodness Variance Fit) développé par G.F. Jenks. Parfois, la discrétisation est inspirée de méthodes classiques (progression géométrique, etc.). Les catégories apparaissant dans les légendes visent à représenter le plus fidèlement possible la distribution statistique tout en favorisant la lecture et la compréhension des cartes.

Le tableau ci-dessous présente la liste des indicateurs statistiques diffusés actuellement via l'atlas interactif sous régional sur l'éducation. La seconde colonne permet d'accéder à des documents PDF contenant une description sommaire des résultats des analyses. Lors qu'ils sont disponibles, ces textes de faits saillants sont également accessibles via le bouton "Information" des différents modules cartographiques. Enfin, les dernières colonnes permettent de démarrer les modules interactifs.

Indicateur
Document
Carte choroplèthe
(valeur standardisée)
Carte de symboles
(Effectif et valeur standardisée)
Ayant accédé au primaire
Ayant accédé au secondaire
Ayant accédé au supérieur
Analphabètes en français
- - -
Ayant été scolarisés parmi les analphabètes en français
- - -
Indice de parité entre les sexes, accès au primaire
- - -
Rapport entre le taux d'accès au primaire d'une génération donnée et celui de la génération précédente
- - -
Rapport entre le taux d'accès au primaire de la génération 1990-95 et celui de chaque génération antérieure
- - -

 

Il est possible de télécharger un tableur en format Calc-LibreOffice contenant toutes les données statistiques de l'atlas sous-régional sur l'éducation [DS_Atlas_Regional_Usager_20190218.ods, 400 ko].

Les représentations cartographiques de ces indicateurs statistiques sont également accessibles via l'onglet «Cartes».